PSG 278

Fiche d'élevage de

PHYLLIUM PHILIPPINICUM – P.S.G. n°278

 

Origine :

Cette espèce est originaire des Philippines.

 

Description:

 

A la naissance, les jeunes sont de couleur brune et sont marqués de blanc sur les pattes ainsi que le corps. Au bout d'une dizaine de jours environ, le temps qu’il leur faut dans leur habitat naturel pour rejoindre la canopée, ils prennent une couleur verte. Comme pour la plupart des espèces de Phyllium, les jeunes sont très mobiles dès la naissance. Ils adorent l’eau et boivent beaucoup. Mais attention, pour l’arrosage, voir remarques au chapitre « élevage » ci-dessous.

 

 

 Adulte, le mâle mesure 5 cm environ et porte une paire d'ailes qui lui permettent de voler sur de courtes distances. Sa croissance est bien plus rapide que celle de la femelle et il est parfois difficile d'avoir       des  individus adultes des deux sexes en même temps s'ils proviennent d'une même génération. Le nombre de mues est de 6

 

 

 

 

 

 

 

La femelle, de 8 cm environ, est plus large et beaucoup moins allongée que le mâle.  Elle possède également une paire d'ailes mais elle ne peut pas voler. Ses mues sont au nombre de 7.

 

 

 

 

Reproduction :

 

 

La reproduction est sexuée et donne des œufs dont la durée d'incubation est assez rapide puisque les jeunes larves naissent au bout de 4 à 5 mois.

Néanmoins et en l'absence de mâle pour féconder les femelles, celles-ci se reproduisent par parthénogénèse. Les œufs ne sont pas fécondés et ne donnent naissance qu'à des femelles. La période d’incubation est alors de 6 à 7 mois.

La femelle commence à pondre 2 à 3 semaines après l’accouplement. Elle produit 2 à 3 œufs par jour qu’elle éjecte au sol et ce, pendant la durée de sa vie adulte.

Dès qu'ils sont pondus, les œufs ont un aspect lisse et sont de couleur marron clair.  Par contre, en présence d'humidité, leur couleur devient marron très foncée et des petits poils apparaissent sur la totalité de la surface des œufs.

 

 

 

Cette modification de l'aspect des œufs est plutôt rapide et fonction du taux d'humidité ambiant de l'endroit où les œufs sont conservés. Si un œuf fraîchement pondu estmouillé avec une goutte d'eau, son aspect change dans les minutes qui suivent. Il semblerait que ce mécanisme permette à l’œuf d’être moins sensible aux bourrasques de vent et pluies tropicales dans son milieu naturel. Il “s’ancre“. Ce changement n'est pas réversible.

 

 

 

Alimentation: 

Ils se nourrissent principalement de ronces mais on peut compléter par du framboisier et du chêne.

Par contre, il est à noter que, contrairement aux autres espèces de Phyllium, le chêne vert n'est pas ou est très peu accepté dans les tout premiers stades et que l'élevage des jeunes doit donc obligatoirement se faire sur ronce, sous peine d'avoir un taux de mortalité très important. Il est en outre conseillé de marquer le pourtour des feuilles avec des ciseaux afin de les entamer et faciliter le rognage.

 

Les ronces se trouvent toute l’année. Prendre des tiges avec de belles feuilles vert foncé, les petites pousses vert clair sont toxiques. Bien les rincer sous la douche afin d’éliminer les éventuelles traces de pollution et les insectes qui pourraient s’y trouver.

Débarrasser le bas de la tige des feuilles et épines sur 10cm et placer dans un pot de confiture dont on aura percé le couvercle. Ceci évitera aux jeunes de tomber dedans et de s’y noyer. A noter que dans les 2-3 premiers jours après la coupe, les ronces boivent énormément d’eau. Si vous ne voulez pas voir le niveau de votre pot descendre trop vite, vous pouvez les stocker dans un seau d’eau le temps que la « soif » se stabilise.

 

 

L'élevage: 

Contrairement aux autres espèces de Phyllium, l'élevage de cette espèce ne pose pas de problème particulier.

Pour ce qui est de l'éclairage artificiel, nous utilisons une ampoule pour lézarder de 50W qui éclaire l’insectarium 5 à 6 heures par jour, en complément de la lumière naturelle. On veillera à ne pas trop approcher l’ampoule pour ne pas trop chauffer l’ambiance ni trop assécher l’insectarium.

Bien que cela ne soit absolument pas obligatoire pour la bonne réussite de l'élevage de cette espèce, l’on peut faire varier la température du terrarium de 20-22°C la nuit à 26°C le jour afin d'essayer de recréer au mieux des conditions naturelles. Chez nous, le terra est constamment maintenu à 24°C

Pour pouvoir obtenir des mâles adultes en même temps que des femelles adultes et avoir ainsi une reproduction sexuée, et comme pour Phyllium bioculatum, il est parfois nécessaire de les élever séparément dans un terrarium pas ou peu chauffé et à une température plus basse que celle du terrarium des femelles, pour ralentir leur croissance.

L'humidité ambiante est à maintenir entre 65 et 85 %Hr par 2 pulvérisations journa­lières d'eau, sur les insectes et le feuillage. Attention, préférer un brumisateur à un pulvérisateur. Les gouttes seront moins grosses et les bébés auront moins de chance d’y rester collé et de s’y noyer. On pourra également placer dans l’insectarium, un hygromètre et un thermomètre afin de surveiller l’ambiance. En animalerie, ils sont vendus autour des 5€.

 

                                                           

 

La taille de l’insectarium sera de taille adaptée à la population qui y vit. À titre indicatif, pour une dizaine d’individus, le nôtre fait 30 x 30 x 50 de haut. Il sera de préférence en verre, avec des grilles d’aération en bas et en haut afin d’éviter les moisissures.

2 portes coulissantes et amovibles sur l’avant pour accéder et nettoyer sans problème.

Le fond est recouvert, au choix, par de la vermiculite, de la tourbe, du sable, du sopalin…

Nous avons opté pour des compresses de gaze stériles. Elles ont l’avantage d’être… stériles. On ne sait pas trop quels produits chimiques sont utilisés de nos jours sur le sopalin. Elles permettent en outre, de conserver un taux d’hygrométrie (comme la vermiculite ou la tourbe), en absorbant un peu d’eau, de distinguer et différentier immédiatement les œufs et les déjections.

 

Les œufs seront prélevés une fois par jour, afin d’éviter qu’ils ne trainent avec les déjections. À cette fin, nous avons fabriqué un aspirateur à œufs que je vous décris ici.

  • Prendre une petite bouteille d’eau minérale et faire 2 trous de 6mm au fer à souder par exemple.

 

 

  • Couper 2 longueurs de 50 cm de tuyaux de Ø7x9mm. Les enfiler dans les 2 trous.

 

 

  • Voilà, il suffit d’aspirer par un bout, et mettre l’autre au-dessus de l’œuf. Celui-ci viendra se stocker dans la bouteille.
  • Attention !! Par mesure d’hygiène, on veillera à toujours aspirer par le même tuyau !!!

 

Entretien du terrarium

 

À chaque changement des plantes nourricières, le fond sera remplacé, l’ensemble du terra soigneusement nettoyé. Les pots recevant les plantes seront également soigneusement nettoyés.

 

Comment procéder :

  • Sortir les 2 pots du terrarium,
  • Faire passer les phasmes d’un bouquet sur l’autre.
  • Nettoyer le pot ainsi libre et changer les plantes nourricières,
  • Mettre le pot dans le terra,
  • Basculer les hôtes sur le bouquet tout frais,
  • Nettoyer l’autre pot et le glisser à l’intérieur.

 

Bien que peu farouches, les phyllies n’apprécient guère être manipulées. On fera attention de ne pas trop tirer dessus. Elles ont tendance à bien s’agripper aux branches. En mettant la main devant et en leur caressant délicatement l’abdomen, elles avanceront toutes seules.

Leurs réactions à la manipulation peuvent être multiples :

 

  • Les mâles et les jeunes auront tendance à vouloir découvrir le monde…. Attention, les jeunes courent très vite et les mâles adultes ont des ailes dont ils savent se servir. Cependant, ils ne feront pas le tour de la pièce. Ils iront tout au plus se poser sur l’étagère à côté.
  • Les femelles, plus craintives, peuvent trembler (telle une feuille au vent), devenir complètement immobiles (état de catalepsie faisant croire qu’elles sont mortes).
  • Si l’on tire trop sur ces petites bêtes pour les décrocher de leur branche, elles peuvent également perdre une patte, à l’instar des lézards qui brisent leur queue pour échapper à un prédateur. Cela s’appelle l’autotomie. Si l’animal est encore jeune, sa patte se régénèrera au fil des mues. (Voir sur Youtube)

 

Le couvoir

 

Les œufs récoltés peuvent être placés dans une boite en plastique dont le fond sera recouvert de vermiculite. Celle-ci sera percée de micro-trous à la base et sur le couvercle, toujours dans le but d’assurer une ventilation contre la moisissure. On veillera à humidifier la vermiculite par brumisation 2 à 3 fois par semaine (celle-ci est un excellent régulateur de température et d’humidité) et placer le tout à une température constante de 24°C.

3 à 4 mois plus tard, les petits naîtront (6 à 7 mois en cas de reproduction par parthénogénèse), souvent le matin, rarement la nuit. Ils sont tout de suite très mobiles et peuvent ainsi être immédiatement mis avec leurs parents dans la grande maison !!

 

 

      

 

 

Pour terminer

 

Ces petites bêtes adorables vous donneront bien du plaisir.

S’il manque des infos, envoyez-moi un petit mot.

 

L'album de famille  

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